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Retour vers le futur avec Jenny Andersson, historienne au centre d'études européennes de Sciences Po

Andersson_Jenny_ITWJenny Andersson, historienne au Centre d’études européennes de Sciences Po, vient de recevoir une médaille de bronze du CNRS, qui récompense les jeunes chercheurs pour l’excellence de leurs travaux. Il distingue ainsi son engagement dans le projet “Futurepol - Une histoire politique du futur : production de savoir et formes de gouvernance futur après 1945”, dont elle est la directrice. Entretien sur une recherche qui éclaire le présent.

  • Cette médaille du CNRS récompense vos travaux sur le futur. Sur quoi portent-ils ?

Jenny Andersson : C’est une série de travaux que j’ai lancés à mon arrivée au CNRS, en 2009. Ils portent sur la façon dont on essaye de créer des formes de savoir, d’expertise et de prédiction sur le futur . Un sujet qui est en soi très compliqué parce que le futur n’existe pas, il est intangible. Mes travaux explorent comment ces formes de savoir sur le futur posent des problèmes de légitimité scientifique. Une fois cette réflexion transposée dans le domaine du politique, cela soulève tout une série de problèmes de légitimité politique, de l’ordre de la gouvernance. Autre question que l’on se pose : à quel point, sur le long terme, ces développements futurs peuvent-ils influencer le présent ?

  • Comment vous êtes-vous intéressée à ce sujet ?

J. A. : Mes précédents travaux étaient liés à l’idée que les projets politiques d’aujourd’hui perdent leur capacité à proposer une vision du futur. Je me suis donc demandé : qui, dans la société, propose des solutions futures ? Où les visions futures naissent-elles ? Le projet que je dirige actuellement s’appelle “Futurepol, une histoire politique du futur”. Nous sommes cinq, et nous travaillons plus précisément sur l’expertise. Nous voulons comprendre comment certaines formes de savoir deviennent légitimes, reconnues par la société comme étant prioritaires pour construire notre futur.

  • Que ressort-il de vos travaux ? Aujourd’hui, qui est légitime pour construire ce futur ?

J. A. : Dans le passé, il y a tout une série d’expertises qui se sont succédées. Aujourd’hui, ce sont les climatologues. Les démographes, il y a dix ans, étaient centraux. Les économistes restent eux aussi prégnants. Avec notre projet, nous travaillons surtout sur les technologies de prédiction, dont la méthode des scénarios par exemple, qui consiste, dans les grandes lignes, à proposer plusieurs scénarios différents, pour comprendre les conséquences possibles de quelque chose que l’on n’a jamais expérimenté. Nous cherchons à comprendre comment ces technologies sont utilisées par les systèmes politiques. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est de comprendre comment ces instruments prédictifs sont dépendants d’une certaine forme d’expertise : il y a aujourd’hui de véritables “experts en prédiction”, qui ne sont pas des savants dans le sens traditionnel du terme, mais qui produisent un savoir sur le futur.

  • Les gens qui travaillent dans le conseil, par exemple ?

J. A. : Exactement. Ces gens-là sont dotés de ces technologies de prédiction et voyagent avec. Ils les vendent, parfois au privé, parfois au public. Les personnes responsables de “l’expertise en prédiction” peuvent être très impliquées dans des processus de gouvernance, dans des procédures de décision, à différents niveaux, aussi bien dans les entreprises que dans le cadre de l’État-nation ou dans des instances de gouvernance mondiale comme l’ONU… Quel genre de pouvoir exercent ces acteurs sur le futur ? Comment est-ce que leur vision du futur nous est aussi imposée à nous tous, au quotidien, par l’intermédiaire des formes de prédiction ? Cela fait partie des questions que l’on se pose, avec Futurepol.

  • La construction du futur appartiendrait donc, dans une certaine mesure en tout cas, à des gens qui ont la mainmise dessus car ils sont des “professionnels du futur” ?

J. A. : En tout cas, on peut se poser la question. Je suis encore en train de travailler dessus, mais j’aimerais comprendre quel pouvoir ils ont. On imagine souvent le futur comme quelque chose d’ouvert, dans lequel n’importe quoi pourrait se passer. Moi je pense que ce n’est pas comme ça qu’il faut le comprendre : le futur est une sorte de champ d’action, on fait tout le temps des choses au nom du futur. Par ailleurs, j’aimerais aussi comprendre si ces expertises ouvrent des horizons sur le futur ou en ferment. Est-ce qu’elles nous donnent plus de choix futurs, ou contribuent-elles à prolonger des formes de structures qui existent déjà dans le présent ?

  • La prospective peut donc avoir quelque chose de réducteur ?

J. A. : Oui, ce qu’on appelle en français la prospective est beaucoup plus une réflexion sur la prolongation de certaines formes de présent qu’elle est une interrogation ouverte sur le futur.

  • De tout cela découle une question normative : “quel futur veut-on” ? Ou, au moins, “comment faut-il penser le futur” ?

J. A. : Oui, le vrai enjeu du futur n’est pas celui de la probabilité : la vraie question, ce n’est pas de déterminer ce qui va se produire, mais de faire la distinction entre le futur désirable et celui qui ne l’est pas. Je pense que les sociétés occidentales ont énormément de mal à s’imaginer que cette question du futur désirable soit ouvertement posée. La prospective est une activité qui mobilise de moins en moins les citoyens et le public. Il y a des pays qui ont résolu ce problème de différentes façons. Il y a quelques années, je me suis par exemple rendue à Hawaii. Là-bas, ils ont créé dans le passé une commission sur le futur hawaïen, composée d’enfants : ils sont partis du principe que ceux qui vont vivre réellement le futur doivent aussi être impliqués dans les processus de décision. Nous essayons de comprendre l’articulation entre les technologies prédictives et certains régimes politiques.

  • Prenez-vous  position dans vos travaux sur cette question de “futur désirable”  ?

J. A. : Un historien ne prendra jamais position directement, en revanche je pense qu’il y a une énorme activité d’expertise qui sert à gérer le futur qui s’est emparée de cette question, et que maintes fois - même dans des processus délibératifs, c'est à dire où l’on dit aux citoyens « venez participer et nous dire ce que vous voulez, en termes de futur » - ces processus ne mènent pas à des décisions, mais relèvent plutôt du processus de légitimation de processus « technocratiques ». Comprendre ça et en faire l’histoire, c’est aussi adopter une position critique.

  • Le champ de votre recherche semble unique en son genre. Quant aux travaux de recherche sur le futur, sont-ils nombreux ?

J. A. : Il y en a bon nombre en histoire culturelle et intellectuelle, sur les différentes visions du futur dans l’histoire, comme sur l’histoire des utopies par exemple. Il commence à y avoir aussi des travaux sur l’usage des méthodes prédictives, par l’intermédiaire des gens qui travaillent sur l’environnement. En ce qui nous concerne, nous avons déjà produit plusieurs publications. Et nous prévoyons un ouvrage collectif, en anglais, à paraître en juin 2015, qui porte sur l’usage de la prédiction durant la Guerre froide.

Laura Aronica

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Photo: Jenny Andersson, historienne au Centre d'études européennes de Sciences Po

Crédits Laura Aronica

 

 
Interview des auteures de l'ouvrage "Les inaudibles"

Nonna Mayer est directrice de recherche émérite au CNRS, rattachée au Centre d’études européennes de Sciences Po. Céline Braconnier est professeure de science politique à l’Université de Cergy-Pontoise et directrice de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye. Interview de l'une et de l'autre à propos de leur ouvrage "Les Inaudibles" sur le vote des précaires en France, publié aux Presses de Sciences Po.

Cliquer sur l'image pour voir la vidéo

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FNSP recruits a post doctoral researcher (fixed-term contract)

 

SP_futurepol-logo-280x65FUTUREPOL: A Political History of the Future: Knowledge Production and Future Governance 1945-2010, funded by the European Research Council (ERC) through a Starting Investigator Grant awarded to Sciences Po researcher Jenny Andersson, seeks to recruit a postdoctoral researcher. Futurepol traces attempts to govern the future from the immediate post war period until the present, and is an interdisciplinary project between history, political science and science studies. FUTUREPOL is in its final stage and is recruiting a postdoctoral researcher on a one year contract, in transnational history, political science, sociology or science and technology studies (STS).

For more information about the project  : http://www.sciencespo.fr/futurepol/en

 

Job profile

The researcher will work in the Centre d’études européennes (CEE) at Sciences Po, part take in project activities including seminars, workshops and conferences as well as develop individual research in the area of interest for Futurepol: for instance, the history of prediction and foresight, global scenario making, anticipatory practices and futures.

 

Tasks

To develop individual postdoctoral research, aiming, of at least one high level research article by the end of the contract.

 

Qualifications/Skills required

-          PhD finished and defended by September 1st 2015

-          Ability to write academic English

-          High level of scientific independence and originality including an interest in Futurepol research

-          Special competence in one or several of the following, the history of science or STS-studies, political science or sociology, international relations or transnational history, political history

 

Status

-          Full time fixed-term contract for 12 months (starting on September 1st, 2015)

-          Possibility to teach at Sciences Po

 

Recruitment procedure

A complete CV including a full list of publications, a research plan, and a letter specifying the interest of the candidate in the project should be sent before May 15, 2015. The decision will be made no later than June 15th, 2015.

Applications should be sent to jenny.andersson@sciencespo.fr

http://www.sciencespo.fr/futurepol

 

 
Bienvenue sur MAEurope, le blog européen de Sciences Po

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Bienvenue sur MAEurope, le blog européen de Sciences Po

Nous sommes heureux de partager avec vous la naissance du blog européen de Sciences Po, appelé MAEurope.https://maeeurope.wordpress.com

MAEurope a vocation à être nourri par l’ensemble de la communauté scientifique de Sciences Po, intéressée par les affaires européennes. Le blog est par essence pluridisciplinaire. Les politistes, économistes, juristes, historiens et sociologues de Sciences Po, ainsi que des chercheurs invités, contribuent à l’alimenter à partir de leurs travaux de recherche. La ligne éditoriale est simple: rendre plus visible les travaux et la réflexion sur l’intégration européenne en cours  à Sciences Po. Les billets, de longueur variable, se veulent accessibles à un public large.

Nous souhaitons vous inviter à contribuer à ce blog et à ne pas hésiter à nous envoyer un billet court (autour d’une page) en français ou anglais (ou les deux). Vous pouvez aussi nous envoyer des contributions en provenance de votre blog personnel ou d’un autre blog que vous souhaitez ainsi relier à notre blog par un « cross post ». Les modalités de publication des contributions sont également présentées sur le blog. Toutes les contributions sont à envoyer à  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Dans l’attente de recevoir vos premières contributions ou des commentaires sur ce nouveau projet, nous vous souhaitons une bonne découverte du blog et bonne lecture de nos premiers billets!

Le comité de rédaction 
https://maeeurope.wordpress.com

 

 
Cornelia Woll nommée à la direction des études et de la scolarité de Sciences Po

​Cornelia Woll a été choisie pour succéder à Françoise Mélonio à la direction des études et de la scolarité de Sciences Po

Entrée à Sciences Po en 2006, Cornelia Woll est professeure titulaire en science politique et chercheure au CEE. Elle codirige actuellement le MaxPo et a co-fondé et co-dirigé le LIEPP, avec Etienne Wasmer. De 2008 à 2012, elle a en outre été directrice scientifique adjointe de Sciences Po, aux côtés de Bruno Latour. Ses recherches portent sur l’économie politique et la règlementation financière.

Cornelia Woll contribuera au renforcement du positionnement international de Sciences Po. Elle s’attachera à poursuivre le travail engagé par Françoise Mélonio, en particulier pour consolider le premier cycle, et pour parachever une offre de deuxième cycle cohérente. Elle prendra ses fonctions le 1er septembre 2015.

Pour en savoir plus sur Cornelia Woll

 

 
Jenny Andersson a reçu la médaille de bronze du CNRS

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Le CNRS vient de décerner  une médaille de bronze à Jenny Andersson -  historienne au Centre d’études européennes de Sciences Po, une médaille destinée  à souligner le talent et l’expertise des jeunes chercheur.e.s qui en sont gratifié.e.s.

L’excellence des travaux de Jenny  avait déjà été  distinguée en 2012  par le Conseil européen de la recherche -l’European Research Council -  qui lui a attribué une de ses bourses (ERC Grant), connues pour être des plus sélectives à l’international.

Ce soutien lui permet de conduire depuis lors un  projet de recherche unique en son genre : Futurepol. Une histoire politique du futur : production de savoir et formes de gouvernance futur après 1945.
Basé sur une perspective historique, Futurepol vise à comprendre  comment les sociétés modernes se sont emparées du futur. Il ambitionne également d’étudier dans quelle mesure sa gouvernance actuelle de l’avenir reflète bien les croyances en la possibilité de le connaître et le maîtriser.

Au-delà de projet, Jenny poursuit ses travaux sur la social-démocratie, notamment sur le modèle suédois et l’économie politique de l’Etat social.

Pour en savoir plus :

 

 
Retour sur la conférence inaugurale de POLITEIA

"Notre démocratie n’est-elle qu’une aristocratie élective ?" qui s'est déroulée samedi 24 janvier 2015 à la Médiathèque Marguerite Duras

Première université populaire consacrée intégralement aux savoirs politiques, Politeia donne la parole à des chercheurs issus de tous les horizons disciplinaires, ayant à cœur de proposer un éclairage accessible sur les grandes questions d’actualité. Authentique projet d’éducation populaire, il vise à transmettre aux citoyens les outils analytiques leur permettant de se forger un jugement critique sur les enjeux politiques contemporain.

Intervenant :

Clément Viktorovitch, docteur en science politique, chercheur au Laboratoire Communication et Politique (CNRS), directeur de Politeia.

La démocratie. Régime de liberté où les citoyens peuvent décider, pour eux-mêmes et par eux-mêmes, de leur devenir commun. Idéal politique absolu, il exerce sur nous une fascination irrésistible. Et pourtant, voilà plusieurs années que nous connaissons une crise politique persistante. L’abstention augmente. La confiance à l’égard des représentants s’érode. Les institutions sont de plus en plus contestées. Alors s’infiltre cette crainte sourde, lancinante : et si notre belle démocratie n’était, en réalité, que l’avatar le plus sournois de la vieille aristocratie ?

Télécharger l'invitation ici

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Cliquer sur l'image pour regarder la vidéo de la conférence

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Retour sur le débat avec Herman Van Rompuy

Streaming du débat du 25/11, avec Herman Van Rompuy, Président du Conseil Européen (2009 – 2014) :

Cinq ans à la tête du Conseil européen : Leçons et défis


Cliquer sur l'image pour voir le streaming du débat

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Interview de Monsieur Herman Van Rompuy

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Synthèse de Claire Versini

Cette Synthèse  présente les principaux enjeux évoqués par Herman Van Rompuy dans son discours et les débats qui ont suivi.

Elle se concentrent sur 3 points particuliers :
1. Le rôle du Conseil européen et de son président
2. Bilan de cinq ans de politique intérieure
3. Bilan de cinq ans de politique extérieure

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Galerie d'images

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Programme

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Ma thèse en deux minutes - Angela Tacea

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Ma thèse en 2 minutes. Angela Tacea doctorante en science politique

 

Cliquer sur l'image pour voir la vidéo


Angela Tacea est doctorante en science politique à Sciences Po, rattachée au Centre d'études européennes (CEE).

Sa thèse, menée sous la direction de Renaud Dehousse porte sur "L’activité des Parlements nationaux vis-à-vis de la politique européenne de libre circulation des personnes : France, Italie, Roumanie, Royaume-Uni".

Angela Tacea est également ATER (Attaché temporaire d’enseignement et de recherche) à l'Université Panthéon-Assas Paris 2, chargée des cours de “Science administrative”, “Théorie politique”, et "Droit constitutionnel”

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Doc2"Ma thèse en deux minutes", est une émission dans laquelle Le Huffington Post invite des doctorants -ou des docteurs- à raconter et populariser l'objet de leur thèse. En deux minutes et pas une seconde de plus. Au gong, Le HuffPost les arrête dans leur présentation. A cet instant, vous aurez compris l'essentiel de leur sujet d'étude et les applications concrètes de leurs travaux dans la vie quotidienne. Plancher pendant des années sur une thématique et la résumer en deux minutes, le challenge est de taille. Il est relevé chaque lundi par un chercheur différent pour que tous ces savoirs, qui font le patrimoine intellectuel d'un pays et son avenir, soient accessibles à tous.

 

 

 
Campagne de recrutement CNRS 2015

Les candidat-e-s au concours CNRS 2015 (sections 36 et 40) qui souhaitent solliciter le soutien du Centre d'études européennes de Sciences Po (UMR8239) sont invité-e-s à adresser avant le 21 novembre 2014 les pièces suivantes, par courriel uniquement, à Xavier Engels, Coordinateur scientifique du CEE : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. :

- le projet de recherche présenté au CNRS (dans une version provisoire)
- un CV
- le rapport de soutenance de thèse
- une lettre de motivation expliquant le choix du CEE

Chaque dossier sera transmis aux membres du Conseil d'unité et examiné début décembre. En fonction des avis exprimés, une lettre de soutien du laboratoire pourra être rédigée.

Le Centre d’études européennes est un laboratoire pluridisciplinaire qui se consacre à l’analyse comparative du politique. Les recherches qui y sont menées actuellement recouvrent 5 axes principaux:

Intégration européenne
Villes, territoires, populations
Economie politique internationale
Etudes électorales
Vie quotidienne du politique

Pour plus d'informations sur les activités de recherche du laboratoire: www.cee.sciences-po.fr

Des auditions blanches seront organisées en temps voulu afin de soutenir et d'accompagner les candidat-e-s pré-sélectionné-e-s par le CNRS.

 

 


 
 
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